Mémoire - Communication
— Les Infos Presse Neuro-psycho
Infos presse...
« Muscu-lecture »
En enrichissant nos connaissances et notre vocabulaire, la lecture entraîne également l’ensemble de nos processus mnésiques ainsi que nos capacités verbales. À l’université de York, le psychologue Sebastian Suggate a ainsi démontré que des adultes devant lire des textes ou regarder des vidéos faisaient ensuite preuve de capacités différentes de représentation mentale : ceux ayant été exposés à des écrans avaient plus de mal à former leurs propres images mentales et à les manipuler intellectuellement, ce qui était le contraire chez les personnes ayant lu des textes. À l’université de Harvard, les psychologues Joshua Gilbert et James Kim ont quant à eux publié les résultats d’une étude montrant que la lecture améliorait les capacités de raisonnement et les aptitudes en mathématiques, en quelques années seulement. De quoi stimuler nos capacités de réflexion, si fragilisées lorsque nous passons des heures à voir défiler de manière rapide et totalement passive des images, présentées, entre autres, sur les réseaux sociaux.
Sylvie Chokron, Directrice de Recherches au CNRS, neuropsychologue, dans Cerveau & Psycho n°189, juin 2026, « Comment la lecture renforce notre cerveau »
Cerveau éternel...
Une étude prouve que même après 80 ans, l’hippocampe peut produire de nouveaux neurones, ce qui offre des performances cognitives remarquables aux personnes concernées.
Des octogénaires avec une mémoire de jeune adulte et des neurones d’enfant. Telle est la spectaculaire découverte faite par une équipe américaine : notre cerveau peut produire des neurones à tout âge. (...)
[L'étude] suggère également une implication importante de l’hygiène et du mode de vie, (...). D’autant plus que des recherches antérieures ont d’ores et déjà montré que plusieurs bonnes habitudes contribuent à préserver la plasticité cérébrale et la neurogenèse : une activité physique régulière, un sommeil de qualité, une stimulation intellectuelle soutenue, comme la lecture, l’apprentissage d’un instrument de musique, ou encore l’entretien de relations sociales… Vos capacités cognitives futures dépendent donc en grande partie de la façon dont vous vivez et prenez soin de votre cerveau aujourd’hui !
Margot Brunet, journaliste scientifique, « Notre cerveau peut produire des neurones à tout âge », dans Cerveau & Psycho N°188, juin 2026.
« Pour info... »
L’apprentissage rajeunit le cerveau à tout âge !
Apprendre une nouvelle langue, à cuisiner, à chanter… non seulement c’est possible à tout âge, mais cela protège le cerveau du déclin cognitif.
Depuis longtemps, vous rêvez d’apprendre à parler l’espagnol, à danser, à jouer du piano... Mais vous n’arrivez pas à vous y mettre, faute de temps, de motivation ou, tout simplement, parce que, après tout, vous n’avez plus vraiment 20 ans. Détrompez-vous ! Si vous faites l’effort d’essayer, votre cerveau vous remerciera : l’équipe de Rachel Wu, de l’université de Californie, à Riverside, vient en effet de montrer que n’importe quel apprentissage à un âge avancé est non seulement possible, mais améliore aussi les facultés cognitives au point de retrouver celles d’un étudiant de premier cycle universitaire.
Bénédicte Salthun-Lassalle, docteure en neurosciences, rédactrice en chef adjointe à Cerveau & Psycho, « L’apprentissage rajeunit le cerveau à tout âge ! », dans Cerveau & Psycho N° 156 – juin 2023
Donner sa langue au « Chat » ?
Si vous commencez à prendre l’habitude d’utiliser ChatGPT pour trouver une information sur internet, il est peut-être encore temps de faire machine arrière. Deux chercheurs de l’université de Pennsylvanie, aux États-Unis, ont montré qu’il est bien plus avantageux, pour votre cerveau et pour votre savoir, d’en rester aux bonnes vieilles recherches sur Google ou un autre moteur de recherche.
Ils ont étudié dans une série de sept expériences comment l’apprentissage des participants différait selon s’ils utilisaient ChatGPT ou Google.
Résultat : les participants du groupe ChatGPT consacraient moins de temps aux recherches que ceux qui utilisaient Google et déclaraient avoir appris moins de nouvelles choses et de manière moins complète, tout en se sentant moins propriétaires des connaissances acquises. (...)
Alors, pour rester pleinement maître de ses connaissances, mieux vaut faire ses propres recherches plutôt que de déléguer le travail à ChatGPT.
Bastien Beaujeu, journaliste scientifique, « ChatGPT : sitôt consulté, sitôt oublié », dans Cerveau & Psycho N° 184 – janvier 2026
A propos de la concentration
Chaque fois que nous déléguons un problème à une calculatrice ou que nous demandons à ChatGPT de résumer un texte, nous perdons une occasion d’améliorer nos propres compétences et de nous entraîner à la concentration profonde.
Face à la frénésie avec laquelle nous passons d’une tâche à l’autre et l’empressement avec lequel nous déléguons la créativité et la résolution de problèmes complexes à l’intelligence artificielle dans notre société qui ne sait plus prendre son souffle, une question me vient à l’esprit : qu’adviendra-t-il de notre capacité à résoudre des problèmes complexes à l’avenir si nous n’apprenons pas à utiliser la concentration profonde ?
Hanna Poikonen, neuroscientifique à l’École polytechnique fédérale de Zurich, « Les maths favoriseraient la "concentration profonde" », dans Cerveau & Psycho N° 173 – janvier 2025
